La Deedi's School : une école pour fille dans le Bihar

Mis à jour : juin 20


Il n’y a pas de hasard. Il n’y a que des rendez-vous

Pour présenter une association, il est souvent conseillé de rappeler les différentes étapes du projet : le dépôt des statuts, la construction des locaux, le recrutement de bénévoles…Pourtant, pour comprendre le Deedi’s School, le plus important est de se pencher sur les rencontres et les liens personnels que Céline, la fondatrice, a pu nouer tout au long de l’aventure.

A 18 ans, persuadée qu’elle n’aurait jamais son Bac, Céline se lance un défi pour rigoler

« Si j’ai mon Bac, je pars en voyage humanitaire en Inde »

Certains diront qu’elle a eu de la chance, d’autres que c’est le destin.

Mais Céline a obtenu son diplôme…

Pour fêter l'évènement, son père lui fait une surprise et achète le billet d’avion.

Désormais, elle ne peut plus reculer…

Arrivée en Inde, elle travaille d’abord comme animatrice et professeur dans une association à Bodhgaya, dans le Bihar.

Elle s’épanouit doucement dans ce nouveau pays, si différent de la France.

Le feeling passe bien avec les équipes de l’association. Au détour d’une conversation, ils lui parlent du projet d’ouvrir une école pour fille. L’association souhaite ouvrir une école dans le Bihar, et lui propose de porter le projet.

Banco ! Céline accepte sans hésiter et devient la Présidente de l’école.

Petit à petit, et après être revenue en France, Céline embarque toute sa famille et ses amis dans l’aventure. Ils l’aident pour construire les premiers murs, pour faire la première levée de fonds, pour créer le site internet…

Chaque nouvelle rencontre permet d’alimenter le projet.

Aujourd’hui la Deedi’s School n’est pas qu’une école pour fille, c’est aussi, et surtout, une histoire d’amitié, d’amour, d’engagement et de voyage…

Le fonctionnement de l’école

La Deedi's School permet à 30 filles âgées de 6 à 8 ans de suivre leur scolarité et d’être hébergées. 2 classes sont ouvertes, dont le niveau scolaire est comparable au CP français. La scolarité se fait en Hindi et en anglais.

Puisque les fillettes restent toute la semaine dans la structure, il est important qu’elles puissent aller au-delà du programme scolaire. Pour cela, l’école propose aussi des cours de musique, de danse, de couture, de yoga…. La Deedi’s School est donc une véritable école de la vie.

La création de l’école a été possible par les différentes levées de fonds de l’association et par les parrainages.

25 € par mois permettent de financer la scolarité d’une fille.

Il est également possible de faire des dons libres, qui pourront servir à financer les travaux, les livres ou les activités.

Afin de devenir autonome et ne plus dépendre des dons, l’association cherche à devenir autosuffisante. Elle a donc acheté des terrains autour de l’école pour planter un potager et installer une vache. De cette manière, les filles peuvent avoir du lait frais chaque jour, et des légumes pour la cantine.

Tous les matériaux utilisés pour la construction sont également achetés auprès des vendeurs locaux. De cette manière, l’école bénéficie à toute l’économie locale.

Depuis le début de l’aventure en 2008, 300 000 euros ont été récoltés par l’association Chuma, la structure relais en France.

Une belle somme obtenue grâce à la générosité des gens.

La recette du succès ?

Chuma est une toute petite association. Il y a un suivi très précis des dons et un respect total des donateurs.

Contrairement aux grosses associations ou ONG qui ont des frais de fonctionnement, 100% des fonds versés à Chuma servent aux élèves.

Par exemple, lorsque Céline se rend à l’école, elle paye elle-même son billet d’avion et participe même au paiement de l’électricité qu’elle peut utiliser sur place.

Le moindre euro sert à l’éducation des filles, ce qui explique le succès du projet.

Le projet : un engagement personnel

Maintenant qu’elle est maman, Céline a un peu moins de temps pour elle et donc pour son école.

Du coup, elle adapte son planning, et jongle entre son boulot, l’école, ses projets perso et ses voyages. Elle s’occupe toujours de la Deedi’s School, mais souhaite que cela reste un plaisir. Elle est donc beaucoup aidée par l’équipe qui travaille sur place : le directeur, l’intendant, et les professeurs.

Malgré la distance, un véritable lien affectif unit Céline, l’Inde, et ses fillettes

Elle connait chaque élève inscrite à l’école, leur prénom, leur histoire, et leurs envies. Quand elle présente les élèves, elle parle même de « ses petites ».

« Avant d’avoir ma fille, j’ai eu mes petites »

Au-delà de la simple scolarité, l’objectif est que les filles puissent avoir un métier, qu’elles puissent développer un esprit critique, une opinion, qu’elles puissent faire leur propre choix de vie.

Il n’est pas toujours facile d’être une fille en Inde. 80% des filles ne sont pas scolarisées dans le Bihar et leur destin se limite généralement à être marié jeune. En prenant totalement en charge la scolarité et l’hébergement des écolières, la Deedi’s School permet aux filles de sortir de ce chemin tout tracé et de bénéficier d’une éducation.

Même si Céline est consciente que la première génération reste sous la tutelle des parents. Elles deviendront à leur tour mères de famille, et pourront transmettre à leurs enfants ce gout pour l’école, pour l’enseignement et le développement personnel.

Vous voulez en savoir plus sur ce beau projet ?

C’est ici, ici, ou

Crédits photos : association Chuma